Le 6 novembre 2026, MMA Fighting a relayé la première interview d'Ilia Topuria depuis sa défaite face à Justin Gaethje. L'extrait provenait d'un entretien accordé au média espagnol ABC Diario et diffusé la veille.
Topuria n'y annonce pas de date, mais une fenêtre : « à partir d'avril ». La veille, Dana White évoquait un retour « début 2027 ». Les deux hommes travaillent sur le même dossier sans donner le même calendrier.
Ilia Topuria fixe un retour sur deux calendriers différents
« Le pire jour de ma carrière »
Topuria ne cache rien du mois de juin. Le 14 juin, à l'UFC Freedom 250, il défendait sa ceinture des légers sur la pelouse sud de la Maison-Blanche et il partait largement favori. Son coin a mis fin au combat à l'issue du quatrième round, après une avalanche de coups.
« J'ai été dans la pire situation dans laquelle un combattant puisse se trouver, a-t-il déclaré. J'ai vécu le pire jour de ma carrière. Qu'est-ce qui est pire que ça ? Mourir. » Il reconnaît avoir cherché une explication pendant cinq à six mois avant de revenir au constat brut : « soit tu gagnes, soit tu perds, et j'ai perdu ».
Ilia Topuria dit avril, l'UFC dit « début 2027 »
Interrogé par Jim Rome le 5 novembre, Dana White a confirmé que l'UFC planche sur un retour en début d'année : « en 27. Il reviendra début 2027 et on travaille là-dessus ». Il n'a cité aucun adversaire, et la promotion n'a rien officialisé depuis.
Topuria, lui, donne une autre date. « À partir d'avril, c'est là qu'on envisage de revenir », a-t-il précisé. Entre « début 2027 » et avril, il y a un trimestre entier, et donc un désaccord de fait entre la promotion et le combattant.
Ce que cette date change pour l'UFC 336
En octobre, un compte X avait envoyé Topuria en co-main event de l'UFC 336, en janvier 2027, face à Salahdine Parnasse. La rumeur n'avait jamais été confirmée, et la rumeur qui l'envoyait à l'UFC 336 avait déjà été écartée par plusieurs journalistes.
Un retour en avril rend l'affiche improbable. Elle n'était de toute façon pas signée, et l'UFC 336 devra se construire sans lui.
Paddy Pimblett plutôt qu'une revanche
« Je vais le manger comme une saucisse »
Il n'a pas hésité une seconde sur le nom : Paddy Pimblett. « Paddy, Paddy, Paddy. Je vais le manger comme une saucisse, ce qu'il est », a lancé Topuria. La formule est du trash-talking, mais le choix de la cible répond à une logique simple.
Une revanche immédiate contre Gaethje n'existe pas. Le nouveau champion des légers l'a écartée à plusieurs reprises depuis juin, et il n'a toujours pas annoncé s'il compte combattre à nouveau ou raccrocher. Un prétendant ne peut pas bâtir un calendrier sur un champion qui ne s'est pas prononcé.
Un nom qui se vend sans négociation
Pimblett est le nom que Topuria a choisi, et ce n'est pas un hasard. Le Britannique reste l'un des légers les plus suivis d'Europe, et une affiche contre lui se vend sans qu'il faille convaincre un champion indécis.
Le calcul est simple : ce combat ne nécessite aucune négociation avec Gaethje, laisse la porte ouverte à un title shot en cas de victoire nette, et garantit à l'UFC une carte européenne qui se vend.
Le rang ne suit pas la demande
Le problème est ailleurs, et il est chiffré. Au classement ESPN, Gaethje est n°1, Arman Tsarukyan n°2 et Topuria n°3. L'Arménien sort d'un KO au premier round sur Mauricio Ruffy à l'UFC 331 et réclame sa chance depuis, sans détour, comme le rappelle la revendication d'Arman Tsarukyan.
Dana White a lui-même listé la profondeur de la catégorie : « tout le top 10 est composé de tueurs », en citant Gaethje, Topuria, Tsarukyan, Oliveira, Pimblett et Holloway. Quand six noms se disputent une ceinture, celui qui parle le plus fort n'obtient pas forcément le combat.
Deux ceintures, un argument qui pèse
Topuria conserve un atout que la plupart de ses concurrents directs n'ont pas. Il a déjà été champion dans deux catégories et il reste l'un des rares légers capables de porter une carte en pay-per-view, ce qui pèse plus lourd qu'un rang.
La retraite, l'option qu'il n'exclut pas
« J'ai tout accompli, et après ? »
La phrase la plus lourde de l'entretien ne concerne pas Pimblett. « J'ai tout accompli, et après ce combat, quoi ? Peut-être que je vais même prendre ma retraite », a-t-il dit.
À 29 ans, avec deux ceintures et une seule défaite en carrière, il décrit un combattant qui a coché toutes les cases de sa propre liste. Un retour sans enjeu de titre ressemble alors moins à une reconstruction qu'à une dernière sortie bien négociée.
Ce que le retour d'Ilia Topuria change pour les légers
Pour l'UFC, le dossier est simple : un ancien double champion qui revient en avril reste une tête d'affiche, mais il ne bloque plus la ceinture. Tsarukyan peut obtenir sa chance sans attendre, et Gaethje peut trancher sur son avenir sans pression.
Pour Topuria, la logique s'inverse. S'il revient contre Pimblett et qu'il gagne, il réclame un title shot immédiat. S'il perd, la retraite qu'il évoque devient une sortie logique plutôt qu'une décision subie.
La vraie information du jour
Ce n'est pas la saucisse. C'est qu'Ilia Topuria a fixé un mois, et que ce mois n'est pas celui de son employeur. Dans une division où Gaethje n'a rien décidé et où Tsarukyan attend, ce décalage vaut plus qu'une promesse de retour.
Reste une question que personne n'a posée publiquement : l'UFC acceptera-t-elle de bâtir une carte autour d'un combattant qui parle de retraite avant même d'être revenu ? La réponse viendra du calendrier, pas des conférences de presse. En attendant, retrouvez toute l'actualité MMA sur la page d'accueil du site.