Le 17 octobre 2026, Joaquin Buckley remonte dans l'octogone pour la première fois depuis le 9 mai. À Edmonton, au Rogers Place, l'Américain de 32 ans affronte le Canadien Mike Malott en main event de l'UFC Fight Night 291, dans un combat de cinq rounds qui pèsera sur la suite de sa carrière.

Buckley (21-8, dont 11-6 à l'UFC) reste sur deux défaites de suite aux points, contre Kamaru Usman en juin 2025 puis Sean Brady à l'UFC 328. Malott (14-2-1, 7-1 à l'UFC) n'a plus perdu depuis janvier 2024 et arrive avec quatre victoires consécutives.

Le piège du sol, encore

Joaquin Buckley face au même piège qu'Usman et Brady

Contre Kamaru Usman puis Sean Brady, Joaquin Buckley n'a pas perdu debout : il a perdu ses deux combats au sol, sur décision unanime. Son arsenal offensif reste intact, avec 15 KO ou TKO sur 21 victoires (71 %) selon Sherdog, mais sa défense de takedown a cédé deux fois de suite.

L'UFC lui propose pourtant un troisième adversaire capable de le coller à la cage et de transformer le combat en lutte. Chez les mi-moyens, ce n'est pas un détail de matchmaking : c'est un choix qui décide si l'Américain reste un danger crédible du top 10.

Mike Malott, quatre victoires depuis sa seule défaite

Le Canadien, classé 13e par l'UFC, a mis du temps à transformer ses débuts prometteurs en série solide. Sa seule défaite à l'UFC reste un TKO au troisième round face à Neil Magny, à l'UFC 297 en janvier 2024. Depuis, il a enchaîné quatre victoires, dont un KO sur Gilbert Burns en avril 2026.

À 34 ans, Malott est un combattant complet plutôt qu'un spécialiste. Il amène au tapis 1,63 fois par combat et réussit la moitié de ses tentatives. Pour Buckley, c'est le troisième adversaire de suite capable de le ramener au sol : le plus grand danger du combat tient là.

La lutte contre la puissance

Mike Malott a l'avantage de la précision

Le tableau de la carte le donne devant à la précision : 52,15 % de frappes significatives réussies contre 39,95 % pour Joaquin Buckley, et 4,02 frappes portées par minute contre 3,62. Le Canadien compense un reach inférieur (73 pouces contre 76) par une lecture plus propre des distances.

Sur cinq rounds, cet écart creuse l'écart au tableau. Une seule erreur de position dans les dix premières minutes, et Buckley passe le reste du combat à défendre au sol, là où il a perdu ses deux dernières sorties.

Joaquin Buckley a l'avantage du one-shot

Un seul échange peut renverser ce rapport de force. 15 des 21 victoires de l'Américain sont venues avant la limite, dont un arrêt médical sur Colby Covington qui a clos une série de six succès consécutifs. Buckley a déjà éteint des combats lancés sur une seule droite.

Le danger est réel pour Malott, qui a déjà montré qu'il pouvait encaisser un gros coup avant de reprendre le fil au sol. Ce main event oppose donc deux façons de gagner, pas deux niveaux.

Une carte pensée pour le Canada

Marc-André Barriault, Mandel Nallo et les autres

Edmonton est une carte nord-américaine : Marc-André Barriault (17-11), de Gatineau, affronte Kyle Daukaus chez les moyens, et Mandel Nallo (14-4), installé à Montréal, retrouve Nate Landwehr chez les légers. S'ajoutent Louis Jourdain, Julien LeBlanc et Tanner Boser, qui combat à domicile.

Pour un public francophone, la soirée se suit donc à deux niveaux. Barriault et Boser partent outsiders, quand Jourdain et Nallo sont donnés favoris au Canada.

Blanchfield - Jasudavicius, les deux battues de Manon Fiorot

Le co-main event aligne les poids mouches Erin Blanchfield (14-2, n°4) et Jasmine Jasudavicius (15-4), deux femmes que Manon Fiorot a battues. La Française a infligé à Blanchfield sa première défaite à l'UFC en 2024, avant de dominer Jasudavicius en 2025.

Un succès ce samedi relance la course au titre chez les mouches, une division que Fiorot a déjà bousculée. Jasudavicius combat chez elle : la revanche se joue peut-être là.

Les projections et l'horaire

Mike Malott part favori

Les systèmes de Fight Matrix se contredisent. Le WHR donne Malott vainqueur à 58 %, quand les modèles Elo placent Buckley devant, à près de 61 %. L'écart est instructif : les modèles statistiques récompensent la qualité des adversaires affrontés par l'Américain, les autres regardent le style.

Un main event à 2 h du matin, heure de Paris

La carte principale débute à 20 h, heure de l'Est, soit 2 h du matin à Paris, dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 octobre. Les préliminaires commencent à 23 h, heure française. Diffusion sur Paramount + et sur TVA Sports au Canada ; le main event est attendu vers 4 h du matin en France.

Ce qu'il reste à trancher

Ce que Joaquin Buckley a réellement à gagner

Un succès à Edmonton vaut un retour dans le top 8 des mi-moyens et la fin du procès sur son sol. Une troisième défaite de suite le ferait sortir du top 10, à 32 ans, dans une division qui déborde de prétendants. C'est son combat le plus important depuis trois ans.

Malott, lui, joue une place dans la conversation du titre. À 34 ans, il n'aura pas dix autres occasions de grimper trois rangs devant son public. Sur cinq rounds, celui qui garde sa lucidité au troisième round l'emportera : Buckley a perdu ses deux derniers combats dans les reprises tardives.

Les autres rendez-vous de la semaine

La semaine MMA ne se limite pas à Edmonton : la quatrième victoire de Brendan Allen à l'UFC Vegas 122 a redistribué les poids moyens, et le duel Charles Oliveira - Diego Lopes de l'UFC 335 occupe le haut de l'affiche de décembre. Le dossier de Sean Strickland, toujours bloqué, ajoute une inconnue au tableau.

Pour Joaquin Buckley, le week-end dira si l'UFC tient un prétendant crédible ou un nom déjà dépassé. Réponse dans la nuit du 17 au 18 octobre, avec toute l'actualité MMA à suivre sur la page d'accueil de MMA Center.