Alexander Volkov a cessé de réclamer. Dans un entretien accordé à Ariel Helwani et relayé le 29 octobre par Sherdog et Bloody Elbow, le poids lourd russe constate que l'UFC ne lui a jamais expliqué ce qu'il devait faire pour obtenir un combat de titre.

Cinq jours plus tôt, il avait pourtant gagné à l'UFC 333, à Abou Dabi. À 38 ans, Alexander Volkov affiche 41 victoires pour 11 défaites, dont 15-5 à l'UFC, et il occupe le 4e rang des lourds. Il n'a jamais disputé une ceinture dans l'organisation.

Ce qu'Alexander Volkov a dit le 29 octobre

Alexander Volkov : « Je ne suis pas sûr qu'il se souvienne de mon nom »

Le passage qui a le plus circulé concerne Dana White, et il est plus drôle que méchant. « Bien sûr qu'il ne m'a pas reconnu, a lâché Alexander Volkov. Je suis un combattant russe, je ne suis même pas sûr qu'il se souvienne de mon nom. »

Il poursuit sur le même ton : « Je parie qu'à chaque fois qu'il l'entend, il croit qu'on parle d'Alexander Volkanovski. Mais ce n'est pas grave, il y a plus de 500 combattants dans l'effectif. »

Dana White soutient l'inverse. Il a affirmé à Main Event avoir parfaitement reconnu Volkov et avoir simplement cru à un sketch. Les deux versions peuvent coexister sans rien régler, parce que le problème n'est pas là.

Alexander Volkov attend une réponse depuis l'UFC 333

Volkov demande depuis l'UFC 333 quel critère lui permettrait d'obtenir un combat de titre. L'UFC ne lui a fourni ni adversaire, ni délai, ni condition de performance. C'est cette absence de règle, plus que le refus lui-même, qu'il met en cause.

« Pour parler sérieusement, il n'avait toujours pas de réponse à ma question, a-t-il déclaré à Helwani. Je demande : qu'est-ce que je dois faire pour obtenir un combat de titre ? Et ils n'ont pas de réponse. »

Un prétendant peut accepter un refus s'il sait sur quoi travailler. Ici, aucun critère n'a été communiqué.

Pourquoi Alexander Volkov n'attend plus

Sept victoires sur huit combats, aucune chance pour la ceinture

Le niveau ne se discute pas : Volkov a gagné sept de ses huit derniers combats. Sa seule défaite dans la série est une décision partagée face à Ciryl Gane, à l'UFC 310 en décembre 2024, que Bloody Elbow présente comme un vol largement admis.

Depuis 2016, il a livré 20 combats à l'UFC et 7 main events, sans qu'aucun ne débouche sur une chance pour la ceinture. Dans n'importe quelle autre division, ce volume aurait fini par forcer la porte.

Le coup de la conférence de presse de l'UFC 333

Volkov a forcé le sujet lui-même. Le jeudi 22 octobre, il n'était pas sur la liste des combattants attendus à la conférence de presse de l'UFC 333, comme lors de ses trois combats précédents.

Il est donc entré avec le public, muni d'un micro de fan, et a interrogé Dana White en direct. Pendant les deux minutes de l'échange, White lui a demandé son âge et son nombre de combats. Réponse de Volkov : « 51 combats au total, 20 à l'UFC. »

Le patron de l'organisation a ensuite expliqué sa réaction : « Je pensais qu'il faisait un genre de numéro et j'attendais la chute. Il n'y en avait pas. C'était très étrange. »

Le samedi, après sa victoire, Volkov a reposé la question dans l'octogone. La réponse de White en conférence d'après-combat tient en une phrase : « Il a fait une bonne performance ce soir. On verra ce qui se passe ensuite. »

Le titre des lourds a-t-il encore un sens ?

Gane contre Hokit, l'argument qui fait mal

Volkov a livré son diagnostic le plus tranchant pendant la semaine du combat, à MMA Fighting. Selon lui, la ceinture a perdu de sa valeur avec la défense programmée de Ciryl Gane face à Josh Hokit.

Son raisonnement tient en une phrase : les chances pour le titre reviennent désormais à ceux qui sont « juste plus célèbres ». C'est une opinion, et le calendrier lui donne partiellement raison.

Gane, 14-2 avec un no contest, défend sa ceinture incontestée contre Hokit, 10-0, en main event de l'UFC 334 au Madison Square Garden le 14 novembre. Hokit est invaincu, mais il n'a pas le palmarès d'un prétendant établi.

Gane est devenu champion incontesté après qu'Aspinall a laissé la ceinture vacante pour des problèmes oculaires. Ce vide ajoute à la confusion hiérarchique de la division.

Ce que l'UFC n'a pas annoncé

Il manque un élément décisif au dossier, et il joue contre Volkov : l'UFC n'a annoncé ni son prochain adversaire, ni un prétendant numéro un.

Daniel Cormier, au micro de sa chaîne YouTube, a pourtant estimé que le Russe s'était installé comme l'homme à battre, sauf retour immédiat de Tom Aspinall.

Volkov a par ailleurs signé un nouveau contrat multi-combats juste avant l'UFC 333. Un combattant qui renonce réellement à la ceinture ne s'engage pas sur plusieurs combats avec l'organisation qui la distribue.

Sa victoire du 24 octobre mérite aussi d'être lue de près. Face à Rizvan Kuniev, à l'Etihad Arena, il s'est imposé par décision unanime : 29-28, 30-27 et 30-27. Deux juges lui ont donné les trois reprises, le troisième en a laissé une à Kuniev.

Un combat de contrôle, gagné sans risque inutile, à la manière d'un homme qui ne peut plus se permettre de perdre.

Si Gane bat Hokit sans discussion le 14 novembre, la division se retrouvera avec un champion installé, un prétendant ignoré et aucune explication publique.

Alexander Volkov a dit qu'il ne chassait plus le titre. Je n'y crois pas une seconde : à 38 ans, avec sept victoires sur huit combats et un contrat neuf, personne ne range cet argument au placard.

Il a simplement changé de méthode, en rendant le silence de l'UFC visible. Reste une question que l'organisation devra trancher avant la fin de l'année : qui affronte Gane après Hokit, et selon quel critère ?

Entre la défense du 14 novembre et l'UFC 335 du 12 décembre, où Charles Oliveira défend sa ceinture BMF face à Diego Lopes, la réponse ne peut plus attendre. Retrouvez le suivi de la division sur la page d'accueil de MMA Center.